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Avoir une voix

(Quand il te prend l'envie d'écrire, mais que tu ne penses qu'au boulot...)


Avoir une voix.

Non pas une parole, un discours, une gestuelle, une posture, une position.

Une voix.

Une voix qui s’étire et s’allonge comme un mouvement qui s’inscrit dans l’espace.

Une voix qui se dresse comme un arbre, et s’étend tout autour, et plonge ses racines au cœur de toutes ses vies passées et à venir.

Une voix qui s’amplifie, se teinte de toutes les couleurs et de toutes les ombres.


J’ai une voix.

Une voix solide ou qui s’écaille, une voix fluette ou qui gronde, une voix claire ou qui murmure.

Une voix changeante, au gré des joies, des épreuves, une voix qui mue et se meut, qu’importe, elle est toujours ma voix.

La certitude d’avoir une voix m’a souvent portée sur mon chemin.

Non pas qu’il faille forcément avoir quelque chose à dire, mais avoir une voix, c’est comme avoir le temps de son côté, c’est se grandir dans l’instant présent.

Parce que j’ai une voix, je suis.

Du cri primal aux mots doux que l’on chuchote à l’être aimé, la voix est un second visage, comme l’écrivait Gérard Bauër.

La voix porte en elle les échos de ce que nous étions et les éventualités de ce que nous serons.


J’ai une voix. Et lorsque j’en prends conscience, que je l’apprivoise, que j’apprends à l’aimer, c’est tout cet univers en moi, sur lequel je me penche, sans mot, sans heurt et sans attente, que j’approuve.

Et finalement, par là, je m'autorise à être.


Vous avez une voix.

Donnez-lui du souffle.

Dansez avec elle.

Laissez-vous vibrer…

Chant Spontané